1. Comment éviter le Burn-out, syndrome d'épuisement professionnel après le coronavirus ?

1. Comment éviter le Burn-out, syndrome d’épuisement professionnel après le coronavirus ?

Tout d’abord, il nous faut revenir sur ce que l’on entend par burn-out ou syndrome d’épuisement professionnel qui a tendance à être utilisé à tout  va. 

Le Burn-out a été défini par  Freudenberger  comme un épuisement des ressources internes de l’individu et la diminution de son énergie, de sa vitalité et de sa capacité à fonctionner, qui résultent d’un effort soutenu déployé par cet individu pour atteindre un but irréalisable, et ce, en contexte de travail.  Le syndrome d’épuisement professionnel  a été décrit depuis la fin des années 50 par le psychiatre français Claude Veil sous le vocable   « d’état d’épuisement au travail ». 

Le burn-out  se caractérise par trois types de symptômes :

1) L’épuisement émotionnel, 

2)  La déshumanisation  caractérisée par le cynisme, 

3) La dégradation du sentiment d’accomplissement (de la frustration, une démotivation sur l’objet du travail, un sentiment d’inutilité, de ne plus arriver à rien). 

Il existe une échelle de mesure  du Burn-out le MBI pour ( Maslach Burn-out Inventory) 

Voici le lien : http://www.masef.com/scores/burnoutsyndromeechellembi.htm

Je ne vais pas rentrer dans les détails de l’ensemble des symptômes précurseurs  de l’épuisement professionnel qui pourront faire l’objet d’un autre article. Mais il y a quelque chose à retenir, c’est que le burn-out ne concerne que la sphère professionnelle chez le sujet, le désinvestissement  touche uniquement la sphère du travail  pas les autres sphères de la vie contrairement à la dépression. 

De plus, le repos ne suffit plus pour récupérer, il y a une fatigue chronique.  L’on peut suspendre temporairement l’activité  pour éloigner la personne du contexte de travail. Au retour l’épuisement reviendra dès la reprise dans les mêmes conditions.  

Le syndrome d’épuisement professionnel  rentre dans la catégorie des pathologies de la surcharge, c’est-à-dire d’une sur sollicitation des capacités : physique, psychologique et cognitives des individus, les charges physiques et mentales liées notamment à l’organisation du travail par l’intensification du travail, les réductions des effectifs, travailler en flux tendu ainsi qu’un accroissement de la polyvalence. 

 De sorte que le burn-out est la conséquence d’un ensemble de risques psychosociaux qui vont  se cumuler et se superposer. 

Dans le contexte de reprise actuelle, la question du surmenage et de l’intensification du travail est un point de vigilance à observer dans les organisations. 

En effet, le surinvestissement et l’intensification du travail peuvent conduire au syndrome d’épuisement professionnel. 

De sorte que la question de comment reprendre le  travail dans un contexte qui nous a tous psychologiquement fragilisés et reste éprouvant pour diverses raisons : personnelle liée à un retour au fondamental de la fragilité humaine que l’on oublie trop facilement, nous sommes fragiles, ce moment de crise, sociétale, environnementale, économique   par les incertitudes que ce contexte de la Covid-19 fait peser sur le monde mais qui dit incertitude dit possibilité de penser autrement l’actuel.

 Le burn-out est une conséquence d’un ensemble de risques qui conduisent à  ce débordement, il y a dès lors quelque chose à penser collectivement sur l’organisation du travail, sur ses modalités de fonctionnement, de sorte que la crise  du coronavirus ne fait que mettre à jour et exacerber ce qui était déjà présent auparavant dans les organisations sur le plan de la surcharge de travail et de l’intensification de celui-ci. 

 Lorsque l’on entend des propos pour dire qu’il faudra travailler encore plus et déroger sur le droit du travail  pour rattraper ce qui a été perdu, du point de vue de la santé au travail et de la prévention des risques psychosociaux, l’on ne peut qu’être inquiet du résultat sur la dégradation du travail.

 Parce que l’augmentation des heures de travail contribue à l’accentuation de l’épuisement et du même coup aux risques d’accidents, de surmenage conduisant au burn-out, notamment chez des corps de métiers déjà fragilisés physiquement et psychologiquement par la crise du Coronavirus. 

Restons vigilants et attentifs à nos ressentis, au lieu de chercher à rattraper ce qui n’existe plus, essayons de repenser les organisations pour qu’elles soient plus efficaces au niveau de la qualité du travail  et  pourvoyeuses de santé. 

Si bien qu’au lieu de parler de travailler plus, on pourrait parler de comment  travailler mieux ? Or ces questions n’appartiennent pas à un expert avec une solution toute faite mais appartient  à chaque organisation dans un dialogue avec les experts du travail, c’est-à-dire ceux qui sont en première ligne pour pouvoir répondre à ces améliorations concrètement et répondre à la question du comment travailler mieux. 

Rappelons que les conséquences  d’un burn-out peuvent aller jusqu’à la destruction des neurones littéralement « ils crament » par la surcharge cognitive induite par l’organisation du travail. 

 Dès lors, il y a un travail à réaliser dans l’organisation sur le travail, les moyens du travail pour permettre de construire les critères de qualité du travail et de la soutenabilité de ce dernier comme vecteur de santé et d’épanouissement pour les individus. Ces questions appartiennent aux collectifs de travail pour construire  ses réponses.

 Le tout est de revenir au réel, à ce qui se fait,

–  Pourquoi ? 

–  Pour qui ?

– Comment ?

 La crise du Covid-19 est un formidable moment pour remettre les organisations, à penser ce qui est fait collectivement dans le travail,  de permettre d’entrevoir de nouveaux moyens d’actions sur le milieu de travail,réapprendre à s’écouter  recréer du lien à partir des situations du travail de la centralité de ce dernier,

 qu’est-ce que l’on produit ensemble ? 

 Me semble être une piste prometteuse de développement des organisations ainsi que de la réduction des pathologies de la surcharge comme le burn-out ou syndrome d’épuisement professionnel.