2. Comment atténuer le stress en période de coronavirus ?

La période actuelle de Coronavirus est particulièrement anxiogène car elle nous confronte à notre fragilité en tant qu’être humain. Elle nous renvoie également à un événement non maîtrisable qui perturbe notre fonctionnement habituel. La Covid-19 remet en question nos modes de vie et nos représentations du monde par la mise en exergue de nos vulnérabilités.

 De plus, la crise sanitaire confronte beaucoup de personnes aux difficultés économiques à travers la perte d’activité, le chômage, l’insécurité de l’emploi, la difficulté à pouvoir se projeter dans l’avenir ou encore les faillites d’entrepreneurs.

 En effet, subir les événements sans réelle possibilité d’action dessus, reste une position inconfortable, qu’il faut pouvoir, accepter, digérer et transformer. C’est un processus.

Stress et la Covid-19 une période de crise ?

L’entrée en crise implique l’idée généralement  répandue  d’un changement brusque et décisif dans le cours d’un processus, d’une maladie. Par exemple : la violence de la manifestation accrédite la crainte  qu’il ne s’agisse d’une évolution grave, définitive, désintégrante. 

Ainsi, la crise s’associe à la menace mortifère d’une attaque vitale. Ceci accrédite l’idée d’une perte de quelque chose d’établi, vers un état « inconnu ». Par conséquent, la crise invite à une transformation. 

La mutation va engendrer des répercussions sur l’individu comme danger dans son rapport au monde.

Ce phénomène peut alors affecter des personnes, des familles ou encore des communautés entières. On le voit bien actuellement avec l’ampleur des pays touchés par la Covid-19.  Ce bouleversement génère  de l’anxiété, de l’angoisse,  de la peur et plus généralement du stress.  

Le stress 

 Selon l’OMS le stress survient « lorsqu’il y a déséquilibre entre la perception qu’une personne a des contraintes que lui impose son environnement  et la perception qu’elle a de ses propres ressources pour y faire face ».

Ce dernier est une réaction de l’organisme à toute forme d’agression (physique, chimique et psychique). 

Avant de poursuivre mon propos sur les moyens de réduire le stress en période de coronavirus je vais établir une distinction  entre les termes suivants : 

L’anxiété

C’est un trouble émotionnel,  qui se traduit par un sentiment indéfinissable d’insécurité. Elle est liée à l’attente plus ou moins consciente d’un danger ou d’un problème futurs. L’anxiété est un phénomène normal présent chez tous les individus.

L’angoisse

 Désigne un ensemble de sentiments et de phénomènes affectifs. Elle se caractérise par une sensation interne d’oppression et de resserrement liée à la crainte réelle ou imaginaire d’un malheur grave ou d’une grande souffrance. Ceci nous laisse à la fois démuni et totalement impuissant à nous défendre. Si bien que la différence entre anxiété et angoisse est mince. De manière simple, l’anxiété reste essentiellement psychique alors que l’angoisse est plus profonde et va s’accompagner de manifestations somatiques.

La peur

Est une émotion caractérisée par un intense sentiment habituellement désagréable provoqué par la perception d’un danger présent ou futur, réel ou supposé. C’est l’une des émotions primaires survenant de l’aversion naturelle à la menace, commune aux animaux et aux êtres humains.


Le point de vue biologique

Du point de vue biologique, la peur est un schéma adaptatif qui constitue un mécanisme de survie et de défense qui permet à l’individu de répondre rapidement et efficacement à des situations perçues comme dangereuses.



Le point de  vue psychologique

Du point de vue de la psychologie, la peur est un état affectif et émotionnel, nécessaire pour que l’organisme puisse s’adapter à l’environnement.

Nous avons pu voir que la crise  de la Covid-19 qui n’est pas encore terminée  peut générer diverses émotions selon les individus avec différents niveaux d’intensité. 

Les effets du confinement sur la santé psychologique

 Le confinement non volontaire a été une épreuve plus ou moins bien vécue par la population. Selon les personnes on a constaté une dégradation de la santé mentale avec l’apparition de dépression.

Ainsi, une prolongation du confinement supérieure à dix jours peut générer des symptômes d’un état de stress post-traumatique (ESPT).

Ce dernier se traduit par des souvenirs angoissants envahissants, des flash-backs -revivre l’événement-, des cauchemars, des changements d’humeur et le fait d’être facilement surpris. Selon l’étude menée par Samantha Brooks et son équipe de l’institut de psychiatrie, psychologie et neurosciences du King’s College de Londres.

Le déconfinement une  période génératrice de stress

Cet évènement inédit dans notre histoire récente n’est pas à négliger sur la  reprise d’activité et l’impact que le Coronavirus aura sur cette dernière post confinement.

 Le retour à la vie active après le déconfinement n’est pas sans susciter des appréhensions générant une source de stress.

 En effet, certaines personnes  développent ce que l’on appelle le syndrome de la Cabane ou de l’escargot; c’est à dire, la peur de sortir de son lieu d’enfermement.

 L’épidémie de la Covid-19  n’est pas terminée. Il existe toujours un risque de contamination pour soi ou son entourage, notamment dans les transports en commun en allant faire ses courses ou au travail.  

Cette période est propice à la génération d’évènements stressants du fait d’une certaine négativité qu’il faudra apprendre  à accepter.

Des dispositifs pour réduire le stress ?

Il existe sur le marché des méthodes pour réduire le stress par des exercices de respirations, de méditations.  

Vous pouvez  par exemple avoir recours à la sophrologie, l’hypnose  qui sont des pratiques efficaces pour traiter le symptôme.

Vous apprendrez à réduire ce stress sans pour autant pouvoir nécessairement agir sur l’environnement générateur du stress. 

 L’utilisation de techniques prescriptives de comportement où l’on vous dit d’être positif, dans quel état émotionnel vous devez être. Ces dernières peuvent venir renforcer le mal-être, si malgré les exercices les symptômes perdurent. 

 Il y a un temps où il faut  accepter ses émotions contradictoires pour ce qu’elles sont : déplaisantes comme plaisantes.

Il faut accepter de reconnaître  » que ça ne va pas en ce moment ».

Le psychologue peut être un appui pour verbaliser ses ressentis dans toutes leurs dimensions. Son dispositif peut permettre plusieurs choses :

Accepter ses ressentis.

– Trouver du sens.

– Poser des mots sur ce que l’on ressent.

– Se réapproprier son vécu.

L’écoute active, la confidentialité ainsi que la bienveillance du praticien participent au développement de la parole de la personne. Ces actions participent au processus de symbolisation.