différentes conception - intervention travail

L’importance de la synergie entre l’organisation du travail et le terrain

L’importance d’une meilleure synergie entre l’organisation du travail et la réalité du travail réel, celui qui se fait. ( Le terrain).

Cet exemple est édifiant tant les entreprises et les hommes qui les font vivre ont à y gagner.
La mise en place dans une usine d’un dispositif (groupe de travail centré sur les difficultés de travail) qui visait à permettre une meilleure prise en considération des problématiques de travail et de les instruire pour y apporter des solutions concrètes a permis  au bout de 6 mois: de régler 270 défaillances, soit un taux de 80 % . Le taux de satisfaction des salariés est de 75 %, trois fois le score de celui de l’enquête à l’initialisation de la démarche.

 

La qualité du travail :

Il est primordial de comprendre pour les organisations de l’importance de la centralité du travail, une centralité qu’il faut entendre comme étant la possibilité d’aborder les questions fondamentales que pose le travail réel, celui qui se fait dans toute sa complexité pour répondre aux tâches demandées.

Ces questions fondamentales peuvent s’exprimer de la manière suivante :

–  Le sens que l’on met à faire ce que l’on fait.

–  La qualité du travail effectué (dans les règles de l’art).

– Le conflit de critères  (échange sur les savoirs faire et la transmission des connaissances dans les collectifs de travail) confrontation des différentes manières de le réaliser pour maintenir le travail vivant et l’évolution des savoirs faire toujours actualisés.

– L’organisation du travail, dans la possibilité de la faire évoluer afin de la rendre plus en adéquation avec la réalité des contraintes du terrain.

– Aborder la question des contraintes de travail inhérentes à chacun des postes de façon transverse.

Ainsi avant de soigner les hommes au travail, il est important de soigner le travail lui-même en instruisant les questions qu’il pose comme cité plus haut. Prendre soin du travail, c’est prendre soin des hommes qui le font.

A mesure que le temps passe, on s’aperçoit de la dégradation de la qualité du travail  par la perte de sens de celui-ci par l’appauvrissement du contenus des tâches au profit d’une conception de l’organisation déconnectée de la complexité du travail réel, un travail vivant et créatif de l’Homme ; pour aller vers un  prêt à penser, à faire standardiser. Ceci  laisse peu de marge de manœuvre aux collaborateurs pour exprimer leur créativité au travail, pourtant indispensable pour permettre le développement des processus de santé au travail, mais surtout la réalisation du travail. Parce que le travail n’est pas la simple exécution d’une prescription mais passe par l’ajout de soi pour que cela fonctionne pour combler l’écart entre ce qui est à faire et ce qui peut se faire.

Ces évolutions des organisations du travail empêchent de plus en plus de faire du travail de qualité, un travail où l’on peut se reconnaître à l’intérieur  mais difficile de pouvoir se satisfaire de tâches  ne nous correspondant pas que l’on qualifiera de « sale boulot » ces conditions de travail dégradées empêchent d’y construire du sens pourtant indispensable, il y a de fait la confiscation du  sentiment d’utilité. Cette qualité empêchée que l’on qualifiera  de « ni fait ni à faire » favorise inexorablement la souffrance au travail. Or,  comme on l’entend souvent « il n’y a pas de bien-être sans bien faire. »

Ce rapport au travail bien fait n’est pas uniquement une appréciation personnelle mais résulte d’un héritage  du métier qui est le fruit de délibérations antérieures sur les savoirs faire et les critères du métier, « des règles de l’art »  dans les collectifs de travail. Maintenir cette délibération sur les critères de qualité du travail dans les organisations est primordial pour développer le pouvoir d’agir et permettre au travail de rester vivant.

Cette vitalité de délibération sur le travail  est primordiale pour le développement des processus de santé et d’engagement à la tâche des collaborateurs. Développer cette vitalité sur les questions posées par le travail, en faisant descendre l’organisation au niveau du travail réel, permet de trouver les compromis organisationnels tenables, tout en contribuant au développement des tâches qui permettent  à l’organisation une meilleure efficacité pour préparer les défis de demain.

Cette vitalité dans le travail est essentielle pour construire demain.  Ce grand pas en avant  est un  avantage concurrentiel certain comparé aux entreprises qui se refusent à faire descendre l’organisation au niveau du travail réel pour  délibérer sur la qualité du travail corolaire de l’amélioration de la qualité de vie au travail, de sorte qu’il n’y a pas de bien-être sans bien-faire.